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11.10.2005

Chapitre 11

Marc s'est installe sur la petite terrasse au bord de l'eau. Marie s'arrete quelques instants et l'observe sans etre vue. Elle aime ces moments voles... Il regarde le petit port en faisant tourner son verre de vin blanc dans sa main. Il a l'air pensif.

Elle remet une meche echappee de sa barette, respire a fond, ses mains tremblent un peu, elle se sent idiote de reagir comme ca. Ce n'est qu'un diner entre amis apres tout.

- Ah voila notre novelliste en herbe..

- Ohoho je n'ai pas cette pretention... je m'amuse, c'est tout

- Oui mais si vous publiez, c'est un peu plus qu'un plaisir egoiste..

- C'est vrai, j'aime partager alors si il y en a qui aiment, je serai contente.

- Vous etes toujours affamee?

- Encore plus! Que mange-t-on ce soir?

- Je vous laisse choisir

- J'ai une faveur a vous demander

- Laquelle?

- Pouvez-vous choisir pour moi? C'est mon luxe. Me laisser porter, pour une fois et ne pas decider... enfin du menu.. je veux dire
Marie se sent rougir... Les mots sont sortis de sa bouche si naturellement. Mais c'est si vrai. Depuis quelques temps elle a decide de cesser de vouloir tout controler. C'est idiot, elle le sait mais elle en a assez de jouer la superwowan qui peut tout faire toute seule sans l'aide de personne et notamment d'un homme. Elle savoure cet instant. Marc est en train de composer leur menu. Il lui sourit, elle boit une gorgee de ce Chardonnay fruite. Elle est bien.

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09.10.2005

Chapitre 10

Marie et Marc ont prolonge leur balade jusqu'a le deuxieme plage certes plus touristique mais Marie avait envie de deguster un expresso, chose rarissime sur son ile. Assis a la terrasse au son de CD ringards, les heures se sont ecoulees si vite et c'est la lumiere aveuglante d'une fin de matinee bien avancee qui lui rappelle qu'elle doit rentrer.

- Marc, Je dois y aller, Margault m'attend!

- Vous avez une fille?

- En quelque sorte.

- Ca, c'est une reponse qui signifie: Je n'ai pas envie d'en parler

- En quelque sorte, repond elle, ses paroles ponctuees d'un regard malicieux.

- Margault est le personnage de la nouvelle que j'ecris et je suis en retard. Mon editeur pense que je lui fais le coup de la panne alors je dois me remettre en route.

- Je vous raccompagne.

- Avec plaisir.

Arrives devant sa porte Marie passe quelques dizaines de secondes a chercher ses cles. Elle adore les grands sacs mais ne peut pas se resigner a les ranger toujours au meme endroit. Ca l'ennuie, comme toutes ces choses bien organisees de la vie quotidienne. Elle est si differente dans son job. Si organisee. Mais pour elle, c'est une catastrophe. Elle aimerait retrouver un homme dans le style de Paul. Il prenait si bien soin de ces choses la. Marie, tu as pris tes cles? Marie, c'est normal que ton portable soit dans la salle de bain? Marie, n'oublie pas que nous voyons les untels a 8h ce soir... Mais la vie jusqu'a present n'a pas remis sur son chemin cette perle rare a ses yeux. Alors elle continue de chercher ses cles.

- Pensez-vous avoir fini vers 8h pour que je vous invite a diner?

- C'est tres gentil Marc mais je ne sais pas. Lorsque je me mets a ecrire, je ne vois pas le temps passer. Appelez-vous vers 7h et je vous dirai si je peux me liberer.

- Ca me va. Merci pour ce delicieux moment.

Marie rentre dans son appartement et branche la clim, jette son sac sur le divan, attrape une bouteille de diet Coke et s'installe devant son ecran. Elle branche sa derniere playlist, celle que Balt lui a envoye recemment, des balades hispanisantes douces et chaleureuses et lance ses doigts sur son clavier.

Elle sursaute a la sonnerie de son portable et en jetant un rapide coup d'oeil a sa montre, elle sait que c'est Marc.

- J'espere que Margault ne vous donne pas top de fil a retordre?

- Non au contraire, je me suis regalee et j'allais juste terminer mon dernier dialogue.

- Cela veut dire que vous me rejoignez?

- Oui, je meurs de faim.

- Le Lambcomb, en terrasse a 8h, cela vous convient?

- C'est parfait. J'y serai.

Marie met un point final a son texte. Elle le relira en rentrant, elle a toujours besoin d'un peu de recul meme si elle sent que son texte est bon. Elle n'a jamais su dire pourquoi mais lorsque son sentiment est positif d'un premier coup d'oeil, elle sait que son editeur aimera.

Elle selectionne deux de ses morceaux preferees de U2 et les ecoute a tue tete tout en prenant sa douche.

Un rapide coup d'oeil dans son placard. Un jean et un t-shirt noir feront l'affaire. Un peu de maquillage juste pour mettre en valeur ses yeux verts, une pointe de framboise sur ses levres, son parfum sans lequel elle ne sort jamais et Marie devale les escaliers, radieuse.

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05.10.2005

Chapitre 9

En fait elle ne connaît de lui que ce que le village raconte car les gens parlent beaucoup ici. Ce qu’elle a entendu ne l’enthousiasme guere mais bon…. Elle verre bien ! Marc vit ici depuis des annees mais est reparti en Angleterre pendant presque 1 an. C’est pour ca que Marie ne l’a pas connu avant. Il a 49 ans, deux filles qui vivent la-bas, et est separe de sa femme depuis 1 an maintenant. Rien de tres original mais Marie a entendu dire ce c’est elle qui est partie et qu’il ne s’en remet pas…
-  On pourrait rester en silence comme ca des heures non ?
-  Non rit-elle, la preuve ! Vous parlez deja
-  Il y a tellement de choses que je voudrais savoir sur vous
-  Ahh ! et qu’est-ce qui vous fait dire que je suis interessante que ca?
-  Vos yeux
-  Vraiment ? C’est vrai qu’il existe des irisologues mais on m’a dit que vous etiez plutot dans le design...
-  Oui, enfin je dirige une boite de design, moi je manage et paye les factures. Les artistes font tout le boulot..
-  Et vous Marie, il parait que vous etes dans la communication ?
-  Mais ! Si vous savez deja tout, je n’ai plus qu’a me taire….. un sourire narquois traverse son visage
-  Je ne sais pas tout, juste le minimum qui n’a fait qu’attiser ma curiosite – alors ? Ce job ?
-  Oui je suis dans la com, enfin le conseil et la creation d'evenements
-  Ici ?

-  Oui ici, et ailleurs -  Vous etes creative alors !

-  On l’est tous, a notre maniere… non?

-  Et a part bosser qu'aimez-vous faire?

-  Ecrire, ecrire des histoires, de belles histoires. Et faire des photos mais ca c'est tres recent. Et puis m'occuper de ceux que j'aiment ici ou a distance. Penser a eux et les aider ca prend du temps...

Le visage de Balt lui traverse l'esprit et cette douce pensee la fait sourire, tres tendrement....

- Vous etes mysterieuse

- Oui je sais et je sais aussi que vous aimez ca

- Et comment le savez-vous?

- Vos yeux

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03.10.2005

Chapitre 8

je suis matinale... comme vous apparemment. Marie aime ce vouvoiement. D'habitude elle est familiere, tres vite, mais la elle a envie de prendre son temps pour une fois. Elle l'observe et son visage lui plait. Quel age peut-il bien avoir. Un peu plus age, certes, les rides qui encadrent ses yeux cannelle le prouvent. Il ne s'est pas rase depuis quelques jours et ca lui va bien. ca lui donne un air de loup de mer qu'elle affecrionne particulierement. Marie a toujours aime les barroudeurs.  Reglisse a decide de creuser un trou aux pieds de sa maitresse et projette des jets de sable...

Je crois qu'une longueur de plage ne lui ferait pas de mal... Vous m'accompagnez?

Elle ne sait rien de lui et ca lui plait. Elle aime ces premiers moments d'une rencontre ou chacun devoile, a son rythme, des pans de son histoire. Mais elle redoute qu'il commence a lui poser la serie de questions barbantes qui consiste a cocher des cases pour faire rentrer les gens dans des boites. Marie deteste les boites.

Ils marchent cote a cote mais il ne dit rien. De temps a autre elle le regarde et son visage garde ce sourire qui accentue l'expression de son visage. I respire le calme et ca l'apaise.

M'auriez-vous appele si je ne vous avais pas croise ce matin?

Je ne sais pas. Peut-etre, sans doute mais la question n'est pls d'actualite

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02.10.2005

Chapitre 7

Il fait deja tres chaud quand Marie se promene pres de la plage et malgre la brise legere qui la caresse, elle se dit que la journee va etre pesante. Elle enleve ses claquettes et se dirige vers la mer. Les vaguelettes meurent sur le sable et des centaines de crabes se cachent a son approche. Marie aime la mer meme si elle la rend melancolique, depuis toute petite. Peut-etre le bruit lancinant du va et vient ou alors les chants de marins qui lui reviennent a l'esprit. Elle se souvient des nombreuses croisieres faites en Bretagne, des au port de l'ile de Groix ou de l'ile aux Moines, du chouchen achete en cachette avec ses equipiers car ils n'etaient encore que des adolescents. Ce qui la touche le plus c'est le souvenir de la petite ancre que son pere lui offrait a la fin de l'ete lorsqu'elle avait ete un bon moussaillon... Elle la portait sur sa vareuse bleu marine et son bermuda comme un Trophee, un honneur. Dieu que cette lumiere etait belle lorsqu'elle se levait aux aurores, Marie a toujours ete leve tot, pour ne pas rater le depart pour la peche. Le bassin en face du Moulleau etait calme comme de l'huile. On entendait juste le clapotis des vaguelettes a maree basse. Le sable etait roux et le soleil levant donnait une couleur caramel a cette mer d'huile. Son pere avait prepare les cannes et Marie avait ete acheter les couteaux comme appats. Elle devait avoir 7 ans, tout au plus.

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Un casse croute fait de pain de 500, de beurre sale et de saucisson etait pret dans la cuisine dans le grand panier de paille. Marie, fiere comme Artaban rejoignait son pere avec un sourire qui faisait retrousser son nez en trompette. Ils partaient parfois juste tous les deux ou avec Caroline, sa soeur juste au-dessus d'elle et leur mere. Ils passaient la matinee a pecher mais rentraient toujours avant le dejeuner. Marie amait ces moments uniques et n'avait pas peur de vider les poissons a peine peches. Ils pechaient des grises, ces petits dorades dont l'arete dorsale lui piquait parfois les doigts.

Marie s'est assise au bord de l'eau et plongee dans ses pensees n'a pas remarque que quelqu'un s'est assis a cote d'elle. C'est en cherchant Reglisse du regard qu'elle tombe sur lui. Il regarde la mer, les bras enroules autour de ses genoux.

Je ne pensais pas vous revoir si vite dit-il sans detourner son regard.

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01.10.2005

Chapitre 6

Apres une courte nuit due aux quelques heures passees a discuter avec Balt, Marie se reveille toute engourdie avec une folle envie de s'occuper d'elle. Elle avale 1 Bagel aux raisins et a la cannelle, ses favoris, avec une tasse de cafe, enfile un short, un tshirt et ses baskets, prend la laisse de Reglisse qui fait des bons dans l'appartement et partt vers la plage. Elle a besoin de s'aerer les neurones mais aussi les poumons. Elle n'aime pas cette sensation d'etre encrassee par la cigarette mais elle n'a pas la volonte d'arreter, pour l'instant. Trop de choses a penser, enfin c'est l'excuse qu'elle se donne. Elle le sait mais c'est sa compassion a elle. Elle passe devant le petit temple, la ou elle a fait ses premieres photos en ombre chinoise, longe le tennis puis le canal ou le viel homme est toujours assis a l'ombre de l'arbre a papayes a regarder ses legumes pousser. Reglisse joue avec un escargot qui tente de traverser le chemin. Elle est couchee en face de lui, son museau entre ses pattes avant et son derriere en l'air. Elle remut la queue en aboyant. Elle fait la fiere et lui se cache dans sa coquille. Elle attend, puis lorsqu'il sort sa tete elle recule, tourne sur elle meme et revient dans la meme position. On pourrait penser que Reglisse est noire mais non, au contraire elle est toute blanche et les gens posent souvent la question... Mais pourquoi? Ca c'est Marie, souvent a contre pied.. Ben si elle avait ete noire je l'aurais appelee Nougat, evidemment!

 

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